mercredi 6 mai 2015

Associations, citoyens, artistes, rejoignez la Pig Mascarade !

La Pig Parade = 15 x 700 kg de cochons en béton

Attention, derrière ces cochons qui rient, 
se cachent les cochons qui crient !

Ouvrons les yeux ! Ces cochons naïfs, faits pour animer l'espace public et séduire les promeneurs, tentent de nous éloigner des réalités et de nous faire oublier les effets désastreux de l'élevage industriel. 

Que se cache-t-il derrière cette Pig Parade joviale et colorée présentée comme "artistique" par le Comité Régional Porçin et censeée "changer l'image du métier d'éleveur" auprès du public ? 

Un mode de production animale aux conditions concentrationnaires qui pollue nos rivières et nos rivages, qui génère de la souffrance animale, qui ne fait pas le bonheur de tous ceux qui y travaillent....Ce modèle, nous n'en voulons plus ! Il existe d'autres modèles plus épanouissants, respectueux du bien-être animal et de l'environnement. 

Une opération promotionnelle financée par nos impôts. Les décideurs politiques, au lieu d'encourager une agriculture plus vertueuse, cautionnent un système qu'ils devraient combattre. Faisant passer cette opération de communication pour une action culturelle, ils participent à son financement avec des fonds publics. Quelle générosité en période d'austérité !! Le Conseil Régional verse 30 000 euros, la ville de Quimper 10 000 euros, la ville de Perros-Guirrec 3000 euros...et pour quels bénéfices culturels ???  Après avoir payé pour aider ces élevages industriels, payé pour cette Pig Parade, nous devrons encore payer pour nettoyer les plages envahies d'algues vertes !
Cette Pig Parde est une mascarade !

Au béton grossier des cochons qui paradent,
la Pig Mascarade répond par des animations artistiques, poètiques, humoristiques, sarcastiques...

Associations, citoyens, artistes, rejoignez la Pig Mascarade ! 

Le Collectif Pig Mascarade

Pig happening à Perros-Guirrec avec le Collectif Pig Mascarade


"Pig mascarade" à Perros-Guirrec (22) filmée par Raphaël Caussimon
Avec la participation de la Cie BOCOCO de l'association Sous le vent, les pieds sur terre (les opposants à la ferme-usine des 1.000 truies à Trébrivan)"



samedi 11 avril 2015

vendredi 10 avril 2015

Sainte-Nitrate en vacances à Perros-Guirrec

Sainte Nitrate en vacances à Perros-Guirec
quelle drôle d’idée
se dit Sainte Nitrate de lisier
Pour un bord de mer

j’en tombe sur mon derrière
ils aiment donc tant le lisier
et les marées puantes
n’ont t-ils pas eu assez d’algues vertes
pour en redemander…
quelle mascarade, cette pig parade !!

lundi 6 avril 2015

Appel à créativité pour la Pig Parade/Mascarade

Tous les artistes sont sollicités pour opposer à ces cochons de béton des oeuvres qui disent la pollution dont nous sommes victimes. Pour que nous n’ayons plus honte d’être bretons, levons-nous de ville en ville pour dire tout haut avec la Pig Mascarade que nous ne voulons plus être les sacrifiés de l’agriculture industrielle porcine.! !

L'association Citoyens à Perros, Sauvegarde du Trégor et tous les associations de la Coordination Verte et Bleue, ainsi que les Coop Bio du secteur lannionais ont constitué un Collectif Pig Mascarade en réaction à la Pig Parade commençant le 4 avril à Perros-Guirec. Ils souhaitent que ce Collectif s'ouvre à toutes les organisations et associations bien au-delà de là seule ville de Perros Guirec et en particulier dans toutes les autres villes bretonnes où cette Pig Parade se produira.

Pas de porcherie industrielle à Poiroux, ne pas suivre l'exemple de Trébrivan !!

Sylvie Gourdon (Trébrivan)
Sables d'Olonne /samedi 4 avril /contre la porcherie industrielle de Poiroux 
Sylvie Gourdon, pour l'association Sous le Vent les Pieds sur terre, et la Coordination Verte et Bleue



Si nous sommes venus de Bretagne en délégation pour soutenir votre combat c'est par solidarité et en toute fraternité.



En effet, à Trébrivan, dans les Côtes d'Armor, nous sommes les opposants à la ''ferme-usine'' des 1.000 truies, la sœur jumelle du projet de Poiroux avec, parmi les associés, la SARL Kerlouann financée au 2/3 par SOFIPROTEOL-AVRIL, comme chez vous. Nous sommes à vos côtés pour clamer haut et fort que les citoyens en ont assez d'être pris en otage par la folie des grandeurs de quelques industriels qui, dans leur arrogance, prétendent nourrir le monde ! Ils l'empoisonnent... lentement mais sûrement !



Il faut que nous soyons de plus en plus nombreux, contre vents et marées, vents nauséabonds et marées vertes et bleues, pour dire :


  • NON à l'industrialisation de l'élevage et à ses conséquences catastrophiques sur l'environnement et la société
  • NON à son cortège de souffrance au travail
  • NON à la maltraitance animale
  • et NON à la malbouffe en fin de chaîne !


Tout ceci est programmé, depuis des décennies, par une politique agricole irresponsable menée sans discernement ni mesure pour des profits à court terme.


En Bretagne, nous sommes témoins de la destruction du patrimoine rural, de la disparition du monde paysan et de ses savoir-faire, de la casse sociale et économique de toute une région et tout cela, malheureusement, dans un climat de résignation. L'Agro-bizz a tellement phagocyté cette région et hypothéqué toute autre forme de développement que les jeunes sont obligés de partir. Par contre, ceux qui ont vidé les campagnes, comme le dit si justement André POCHON, eux se sont bien rempli les poches !



NON, tout cela n'est pas une fatalité ! Heureusement, il y a, bien sûr, de vaillants paysans et des associations de citoyens vigilants et responsables qui résistent courageusement...



Yves-Marie Le Lay (Trégor)
Ne laissez pas construire cette usine à Poiroux car il ne faut pas que la Vendée devienne comme la Bretagne une immense éponge à lisier. Chez nous c'est la mort silencieuse des campagnes ; on ne boit plus l'eau de nos puits, la pêche, la baignade et les sports nautiques en eau douce sont interdits en été à cause des algues bleues et sur les plages du littoral c'est la ronde infernale des tracteurs qui ramassent les algues vertes. A Binic, par exemple on déplace la plage sur les trottoirs pour que les enfants fassent des châteaux de sable en toute sécurité comme à Paris sur les quais de la Seine !



Ne laissez pas construire cette usine, car, celle de Trébrivan, fonctionne depuis janvier 2011 malgré toutes nos victoires juridiques au Tribunal Administratif de Rennes et à la Cour Administrative d'Appel de Nantes. Elevage concentrationnaire :

  • qui produit ses 23.000 porcelets par an
  • qui déverse sur 480 hectares ses 5.000 m3 de lisier dans l'un des châteaux d'eau de la Bretagne dans les bassins versants de l'Hyères et du Blavet
  • Jean Hascoet (Douarnenez)
    qui rejette dans l'atmosphère ses 7 tonnes d'ammoniac


…et tout ça en toute légalité car le préfet vient de signer une nouvelle autorisation d'exploiter qu'il intitule : une régularisation !


En Bretagne, la justice passe, les services de l'Etat outre-passent et l'environnement trépasse...


Ne laissez pas construire cette usine !



Courage, votre lutte est bien engagée car votre combat est juste ! Ne lâchez rien !


… et encore un grand merci pour votre accueil !


Pig Parade et image de la Bretagne !

J’ai mal à notre Trégor, j’ai mal à notre Bretagne ! !
Yves-Marie Le Lay, président de Sauvegarde du Trégor membre de la Coordination Verte et Bleue.
Perros-Guirec vendredi 3 avril à Trestraou, se dévoilent ces cochons de béton bariolé, tout de rose artistique vêtus, pour mieux masquer la misère des cochons, les vrais, ceux qui croupissent dans leurs prisons de béton. Et des éleveurs, des élus pour se divertir de la souffrance animale et du drame sourd que vit toute la Bretagne à travers la pollution de ses sols, des ses eaux, de son air, de ses plages. 

Qui nous dit que le lisier comme les marées vertes, ce ne sont pas seulement des odeurs désagréables, mais des gaz comme l’ammoniac et de l’hydrogène sulfuré toxiques ? 
Qui nous dit que chaque fois que nous respirons de l’ammoniac ou de l’hydrogène sulfuré, nous n’avons pas choisi de le respirer ? 
Sans compter les pesticides et les particules fines qui vont avec… 
Voilà à quoi sert la Pig Parade, à rire de toutes les atteintes à notre santé pour que ça aille mieux ! ! !
 
Les Sables d’Olonne, samedi 4 avril au Remblai, 1500 personnes défilent contre un projet de maternité porcine de 23 000 cochons par an en amont à Poiroux. 

La quasi-totalité des organisations politiques, syndicales, associatives y participent, Confédération Paysanne en tête.
Le député-maire local UMP annonce la couleur : « Après avoir saturé et pollué la Bretagne, l'agriculture industrielle porcine cherche à tout prix à s'installer en Vendée, deuxième département touristique français. Nous ne nous laisserons pas faire (....) Comment l'Etat et Mme (Ségolène) Royal peuvent-ils laisser reproduire le dramatique exemple breton ».  

Terrible constat, en Vendée comme partout en France, voilà l’image de la Bretagne, le cochon, le lisier, les algues vertes… 

On comprend mieux pourquoi, il en faut des Pig Parades pour la chasser des esprits, mais en Bretagne seulement, puisqu’ailleurs, ça ne marche plus depuis longtemps. En d’autres temps, sous d’autres cieux, on appellerait tout simplement cette opération de la propagande… ! !
 

Comment est-ce possible ? Qui mène cette mascarade cochonnière ? Bien sûr, les groupements d’éleveurs porcins hors-sols et toute la filière agroalimentaire. Ils ne font que leur sale boulot de pollueurs, en y rajoutant une bonne dose de cynisme. 
Mais rien de tout cela ne serait possible, sans tous les moyens et toute la logistique apportés par les élus des collectivités locales. 
Perros-Guirec d’abord, avec la mise à disposition gratuite des services municipaux. Surtout, alors que cette commune se débat avec ses emprunts toxiques, son maire et son conseil n’hésitent pas à trouver 8 000 euros pour financer cette opération dont on cherche vainement en quoi elle serait utile à la vocation touristique de la commune. Pas sûr que les touristes de Vendée ou d’ailleurs trouvent très attractifs la promotion du lisier et des marées vertes que lui rappelleront nécessairement cette Pig Parade…! !
Ensuite, ajoutons à cette longue liste de donateurs généreux, les milliers d’euros des villes qui la reçoivent : Quimper, Brest, Pontivy, Fougères, Rennes. 

Enfin, les Conseils Départementaux des Côtes d’Armor, du Morbihan, de l’Ile et Vilaine. Que d’élus en situation de gouvernance, de tous bords politiques, pour encourager la pollution et se moquer de notre santé avec l’argent de nos impôts ! 
Où sont ceux qui défendent à juste titre le Trégor contre les extractions de sable en Baie de Lannion ? Invisibles dès qu’il s’agit de la pollution de l’agriculture hors sols. Il est visiblementplus facile et plus glorieux de se battre contre un Grand Satan qui vient de là-bas aux confins de la Bretagne que contre mille petits satans bien de chez nous qui empoisonnent notre environnement.! !
Devant tant d’irresponsabilité et de lâcheté, j’ai mal à notre Trégor, j’ai mal à notre Bretagne.
Pourquoi mériterions-nous cela ? Pour la défense d’une économie précaire qui ne fonctionne qu’à coups de casse et de subventions, qu’à coups de bas salaires et de conditions de travail déplorables ? Tout cela pour le profit de quelques banques, de coopératives, de dirigeants du syndicat agricole majoritaire ? ! !
Fort heureusement, dans la cité, aucun mal n’est incurable. Des citoyennes et des citoyens, des associations répondent à cette Pig Parade par une Pig Mascarade. 

Vendredi à Trestraou, une artiste a inauguré le début de toute une série de manifestations pour dénoncer cette mauvaise farce. Elle a dessiné sur la plage une fresque éphémère parsemée de ces queues de cochon coupées, symbole de cette industrialisation du vivant et de sa maltraitance, symbole d’un territoire souillé. 
Tous les artistes sont sollicités pour prendre le relais et opposer à ces cochons de béton des oeuvres qui disent la pollution dont nous sommes victimes. Pour que nous n’ayons plus honte d’être bretons, levons-nous de ville en ville pour dire tout haut avec la Pig Mascarade que nous ne voulons plus être les sacrifiés de l’agriculture industrielle porcine.! !

Pig mascarade à Trestraou

Notre mascarade est petite, car nous, on aime les petites fermes et les petits élevages sur paille !

Perros Guirec (22). Pig parade : petite... par Letelegramme

La Coordination verte et bleue aux Sables d'Olonne contre les ferme-usinesYves-

Jean Hascoet (Douarnenez) et Yves-Marie Le Lay (Trégor)





dimanche 5 avril 2015

La Vendée ne veut pas devenir une éponge à lisier, comme la Bretagne !

Un millier de manifestants aux Sables d'Olonne pour refuser l'usine à cochons de Poiroux. Sylvie Gourdon, de l'association Sous le Vent les pieds sur terre, prend la parole pour parler des élevages concentrationnaires bretons

samedi 4 avril 2015

La pig parade, quelle mascarade ! au béton des porcheries, les associations opposent le sable des plages...

Perros, du cochon à la mer. Du porc au port !! 
Inauguration de première oeuvre  éphémère de la Pig Mascarade sur la plage de Trestraou à Perros-Guirec. 
Sur le sable, une plasticienne des plages a exprimé à sa façon notre refus de la promotion d'un élevage intensif lourd de pollutions de l'air, de l'eau, de la terre, de la mer, porteur de tant de souffrances animales et humaines. 
Au béton brut des statues grotesques de la Pig Parade (financées par les deniers publics :  Perros-Guirrec 8000 euros, Conseil général 3000 euros...à compléter...), nos associations répondent par une œuvre d'art qui intègre la nature dans son expression pour mieux dire comment la respecter et la défendre. 
Et à l'heure où les promoteurs privés et publics de la pollution inaugureront la Pig Parade, la marée effacera cette œuvre qu'ils sont peu dignes de contempler. 
Qu'ils sachent que partout où ils paraderont, nos associations seront présentes pour dénoncer cette mascarade.



lundi 30 mars 2015

Non à l'usine à cochons de Poiroux en Vendée

La porcherie-usine commence à sortir de terre et une manifestation est organisée aux Sables d’Olonne (sur le remblai le samedi 4 avril à 14h30) pour demander la suspension des travaux dans l’attente du jugement au tribunal. 




jeudi 26 février 2015

Histoire de grains pourris : dévoiement des institutions

De Bretagne jusqu’à Paris, les institutions dévoyéesEn moins d’une heure, le reportage d’Inès Léraud http://www.franceinter.fr/emission-interception-bretagne-une-histoire-de-grains-pourris dans le magazine Interception de France Inter dimanche 22 février a mis à nu le fonctionnement des institutions de la République en Bretagne. Car il ne raconte pas seulement le drame humain de ces salariés de la « coopérative » agricole Nutréa-Triskalia, gravement intoxiqués par l’usage de pesticides. 
A travers leur histoire on découvre tout un système de blanchiment d’actes illégaux au profit d’un groupe économique dominant, dont les ramifications s’étendent jusqu’à Paris. Il a suffi de quelques minutes d’émission pour illustrer par l’exemple un type de pratiques courantes en Bretagne.
 
Tout y passe, de la « coopérative » agricole qui intoxique délibérément ses salariés, à toute la chaîne administrative et judiciaire qui s’efface devant de tels actes délictueux touchant pourtant jusqu’aux consommateurs. 

Ce reportage révèle une pratique constante des représentants de l’Etat, qui irrigue jusqu’au dernier subalterne, l’art et la manière de la nondécision, avec toutes ses variations qui vont de l’autisme jusqu’à l’esquive.

Acte 1, décision est prise par un groupe privé, pour des raisons financières de réduire les coûts, par tous les moyens, y compris la remise en cause de la sécurité des salariés et des consommateurs. Trop cher pour Nutrea-Triskalia de ventiler les stocks de grains pour la confection de nourriture animale. Alors, les dirigeants décident d’utiliser à des doses des dizaines de fois supérieures à la norme des pesticides interdits depuis 2001. 
Pour les mêmes raisons dites d’économie, Thierry Morfoisse n’est pas équipé d’un détecteur de gaz ni d’un masque, et encore moins informé des risques qu’il court avec des algues vertes pourries qu’il transporte alors qu’elles dégagent de l’hydrogène sulfuré mortel. 
Economie toujours, un abattoir exige de ses éleveurs de produire plus de têtes animales qu’autorisé pour alimenter sa chaîne d’abattage. 
Ou, plus courant, un éleveur qui trafique son bilan de fertilisation pour
obtenir l’autorisation de produire plus de bêtes que la règlementation lui permet d’exploiter.
Dans les deux cas, qu’importe alors si le supplément d’azote nécessairement en excédent par rapport au plan d’épandage finira à la rivière et ensuite à la mer pour produire des marées vertes dont le danger est avéré aujourd’hui.  

L’acte 1, c’est l’acte fondateur, toujours illégal, impactant toujours la santé et l’environnement. 
Et l’acteur, c’est dans la quasi-totalité des cas une des mailles de ce tissu socio-économique constitué par l’agriculture industrielle et intensive, qui imprègne de ses croyances, de sa culture et de ses exigences jusqu’aux consciences d’une grande part de la population.

Alors que dans un Etat de droit, on attend que la justice s’exerce et sanctionne ceux qui ont violé la loi, en Bretagne la réponse à ses conduites répréhensibles récite comme un chapelet une suite de litanies qui mêlent l’excuse et l’injonction rabâchée de ne pas stigmatiser toute une profession. 

 Comme une manière d’inverser la faute : c’est la condamnation de ces actes
qui est condamnée. Les esprits ainsi préparés sont tout disposés à accepter que la seule suite qui soit donnée se réduise au mieux à quelques remontrances et le plus souvent à un silence poli. 

La convenance ainsi instituée conduit alors la quasi-totalité des institutions à surtout ne rien décider qui puisse fâcher les auteurs de ces actes. S’en suivent donc des procédures suspendues, une chaîne de non-décisions qui se déroulent à tous les niveaux des institutions.
 
L’administration préfectorale, qui a pourtant en charge le respect des lois (Article 72 de la Constitution), donne le la. Elle ferme les yeux sur ces manquements à la loi. Utilisation interdite de pesticides, manque d’équipement de sécurité pour ramasser et transporter des algues vertes, dépassement des effectifs autorisés dans les élevages, deviennent administrativement invisibles. Le ton est donné. Chacun, dans les administrations voisines, est prié de ne consciencieusement rien voir.
 
Si malgré tout, quelques citoyens avisés demandent des comptes, ils se heurteront à mille et un services qui leur diront que la décision ne relève pas d’eux. Et à supposer qu’ils trouvent le bon, on leur dira comme dans le reportage avec l’ANSES, voilà les textes, à vous d’en déduire, donc à vous de savoir si les actes sont délictueux ou pas.
 
Reste alors à saisir la justice. Si plainte est déposée, on s’attend à ce que jugement, donc décision soit prise. Sauf que la procédure peine à être engagée, comme dans le reportage où six ans après les faits, aucun juge d’instruction n’a été chargé de l’affaire. 
Même chose pour la famille Morfoisse qui attend toujours qu’un procès ait lieu pour connaître les responsables de la mort d’un des siens. Concernant ce type de faits, la justice joue la montre, ne désespérant jamais de la résignation des victimes. Même à ce niveau, l’inertie est la règle. 
Et quand les Tribunaux Administratifs décident d’annuler des décisions d’autorisations d’exploitations animales, la décision judiciaire prise n’est jamais appliquée et se convertit illico presto en non-décision de fait.

Cet art de l’esquive touche même les syndicats pourtant en charge de la défense des salariés. Il ne s’est trouvé aucun grand syndicat pour défendre les salariés de Triskalia ou les membres de la famille Morfoisse. C’est l’honneur de SUD de soutenir le combat des premiers et des associations environnementales de mener celui des seconds. 

Même chose pour la plupart des organisations politiques et les exécutifs locaux et régionaux. Leur règle, c’est l’autisme. Ils sont essentiellement consacrés à leurs joutes internes, à la préservation de leurs nombreux mandats électifs, au nom de la défense de l’emploi, alors que le chômage n’arrête pas de croître malgré leurs efforts supposés. 

Combien sont-ils ces élus de la République à demander aujourd’hui que les coupables du saccage de l’Hôtel des Impôts à Morlaix le 19 septembre 2014 soient effectivement recherchés, plus de cinq mois après les faits ? Mieux vaut compter sur de simples citoyennes et citoyens pour que justice soit rendue. Tous les 19 du mois, ils sonnent le tocsin pour alerter sur ces graves dérives judiciaires. 

Il existe toutefois quelques formations très minoritaires, à la gauche de l’échiquier politique et à EELV qui se posent parfois ces questions sur le monde réel.
 
Mais ce n’est pas tout. Cette cascade de non-décisions prend sa source en amont des délits. La République ainsi dévoyée anticipe les craintes des acteurs de la chaîne agro-industrielle.
 
Voilà comment, élus en charge d’exécutifs, administrations en charge de la santé, ont caché les dangers sanitaires des marées vertes. Alors que dès 1989, un jogger mourait dans des algues vertes pourries et que Pierre Philippe, médecin urgentiste, tirait la sonnette d’alarme, il a fallu attendre 2009, et la mort d’un cheval, sous la pression des associations et en particulier de Sauvegarde du Trégor, pour qu’enfin soit reconnue leur dangerosité. Encore at-il fallu tout refaire deux ans plus tard après la mort de 36 sangliers, d’un blaireau et deux ragondins, rien que cela, tous intoxiqués dans l’estuaire du Gouessant saturé de marées vertes. Deux mois n’ont pas été de trop pour que la Préfecture des Côtes d’Armor admette du bout des lèvres, encore une fois sous la pression de deux associations environnementales, Sauvegarde du Penthièvre et Sauvegarde du Trégor, la cause de ces décès, à savoir les marées vertes en putréfaction. Chacun peut comprendre que la connaissance d’un danger public doit conduire les responsables de l’Etat à décider de prendre toutes les mesures pour y remédier au plus vite. Décision ici incompatible avec l’ensemble de la chaîne agroindustrielle qui en est responsable. D’où, l’art et la manière d’esquiver ce danger. Dans les plans de lutte contre les algues vertes, financés par l’Etat, jamais il n’est mentionné. Grâce à quoi, en l’absence d’urgence, on peut espérer en finir peut-être en partie en 2027 avec cette pollution présentée comme bénigne, sans jamais avoir remis en cause les modes de culture et d’élevage qui en sont la cause. Et quand des centaines de citoyennes et de citoyens déposent plainte en 2009 pour mise en danger délibéré de la vie d’autrui, comme seuls les présents en Bretagne ou ailleurs sont susceptibles de prendre des décisions judiciaires, six ans après, le Pôle Santé à Paris est aux abonnés absents.
 
Toutefois la politique a horreur du vide. Il faut bien que décisions soient prises pour gouverner un pays. C’est simple. Il suffit de laisser les acteurs de la chaîne agro-industrielle jouer leur rôle de décideurs politiques. La FNSEA convoque élus et responsables de l’Etat, détaille ses demandes et rédige les lois. Et quitte à être du côté du manche, autant que ce soit celui du marteau, pas pour casser soi-même, ce serait inconvenant. Seulement pour bien comprendre la colère des casseurs de bâtiments publics, dont elle se sert comme une menace. 

Etre du côté du pouvoir ou prendre sa place, c’est aussi être près de la tirelire publique. On peut alors sans compter y puiser toujours plus d’aides publiques, en plus des subventions européennes. Pas pour changer un système de production qui ne marche pas, mais pour le maintenir contre vents et marées de l’économie libérale, que l’on vante tant par ailleurs. En Bretagne, la seule politique efficace, c’est celle du marteau et de la sébile.
 
Il ne reste plus qu’à quelques députés zélés, quand ils ne sont pas précédés par le Gouvernement, d’aller porter la bonne parole à l’Assemblée Nationale et à Bercy. Voilà comment, d’un coup de baguette magique, la citrouille se transforme en tracteur rutilant.
Finies pour un temps les fins de mois difficiles dans les exploitations endettées, hyper mécanisées et de plus en plus grosses. La manne publique pourvoit à ces énièmes difficultés de trésorerie. Et tant pis si cela fait des jaloux dans d’autres professions sinistrées…
 
Et encore ce gain pèse peu par rapport à l’avantage d’une législation sur mesure. Puisqu’il n’est pas question de changer les pratiques polluantes, tant elles sont la chair et le corps de l’agriculture intensive, la seule solution consiste à adapter la règlementation à ces pratiques.
 
Résultat, plus besoin d’autorisation à demander avec enquête publique pour l’ouverture d’une porcherie de moins de 2000 cochons afin de contrôler ses déjections polluantes. Au moins les choses sont claires. Avant le Préfet donnait toujours son accord, ce qui est une manière de ne prendre de fait aucune décision. Maintenant, il n’a même plus son accord à donner. Avant, il savait d’office ce qu’il allait décider. Désormais, il n’a même plus à décider. C’est incontestablement un progrès. Mais pas du côté où on l’entend. Progrès pour la filière agro-industrielle dans la manière de gouverner la Bretagne. Au moins personne ne peut faire le reproche à ces acteurs de ne pas décider. Ils savent ce qu’ils veulent, eux. 

Mais ce progrès pour les uns est une formidable régression démocratique. Les actes illégaux ne sont pas seulement blanchis, ils cessent tout simplement d’être illégaux, puisque la loi change au profit des intérêts de quelques uns. A quand la loi qui prescrit tous les empoisonnements aux pesticides cinq ans après les faits ? Les citoyennes et les citoyens sont dépossédés de leur pouvoir de préserver le bien public par ceux-là même qui les représentent. Voilà comment un groupe de pression, pour défendre ses intérêts privés, prend en otage la République au nom des emplois qu’il est censé sauvegarder et même créer.
 
Ainsi va le fonctionnement de toutes ces institutions. C’est la stratégie du papier peint. Il faut s’afficher partout sous ses plus beaux atours et rester figés dans un décor institutionnel de carton pâte où personne ne doit bouger de sa place. Dans un tel contexte, la seule règle qui prévale se réduit à la non-décision, seule manière de ne pas faire bouger les lignes, pour laisser le lobby agro-industriel le faire pour tous et à son profit.
 
En Bretagne, les institutions manquent à leurs devoirs élémentaires du respect de la loi et du vivre-ensemble. Que vaut une société dans laquelle les délits sont permis pour quelques uns, parce qu’ils sont méconnus par la plupart ? Que vaut une société qui laisse impunis les actes délictueux même les plus visibles, comme la destruction par certains de biens publics ? Que
vaut une société dans laquelle la plupart des institutions organisent la faillite de l’Etat, en déléguant le gouvernement à des groupes privés ? Qui peut s’étonner alors du formidable désaveu porté sur elles ?
 
De fait, par ce fonctionnement dévoyé, ces institutions sont devenues des coquilles vides. Par perte de décision contre les puissants quand elles ont gagné en puissance contre les plus faibles, elles ont perdu leur légitimité. 

La Bretagne est à la croisée des chemins. Ou elle succombe à une crise d’autoritarisme au profit de fossoyeurs de la démocratie. Ou elle invente de nouvelles formes de représentation citoyenne qui redonnent à la République et à l’Etat la force perdue pour garantir chacun du secours de la loi, seule condition pour vivre
ensemble. Première étape, congédier les partis de gouvernement, parce qu’ils ne gouvernent plus. Que les citoyennes et les citoyens se saisissent des prochaines élections pour cela. Ce n’est qu’à cette première condition que la Bretagne pourra se réapproprier son avenir.
 
Yves-Marie Le Lay, président de Sauvegarde du Trégor

mercredi 4 février 2015

Non, les Bretons n'ont pas reconquis leur eau

COMMUNIQUE
Au sujet du salon Carrefour de l'eau à Rennes mercredi et jeudi 28 et 29 janvier 2015.  
L'idée d'une amélioration de la qualité de l'eau en Bretagne est séduisante mais les associations de protection de l'environnement émettent de sérieux doute sur une telle affirmation. 
 Les associations qui luttent pour une réelle amélioration des eaux en Bretagne rappellent les conclusions du rapport de la DREAL de janvier 2014 : « L’état chimique médiocre des eaux bretonnes en général, notamment au regard de la concentration en nitrates, a une conséquence financière lourde pour les usagers. Les nombreux traitements de l’eau permettent d’obtenir une eau potable de très bonne qualité mais à un tarif au m3 très élevé pour le consommateur. Ainsi, plus de 98,5 % de la population a reçu en 2009 une eau conforme aux limites réglementaires, tous paramètres confondus, mais le prix de l’eau en Bretagne est le plus élevé de France. » http://www.bretagne.developpement-durable.gouv.fr/poursuivre-la-politique-d-amelioration-de-la-a2246.html 
L'observatoire de l'eau en Bretagne publie chaque année un état des lieux et la qualité des eaux en Bretagne qualifié de médiocre ou de mauvais pour la quasi-totalité des cours d'eau avec une augmentation des nitrates en 2012/2013 (chiffres 2013 /2014 non encore publiée). http://www.observatoire-eau-bretagne.fr/Tableaux-de-bord-interactifs/Eaux-de-surface/Nitrates/Concentration-Q90/%28categorie%29/29234 
 La qualité des eaux souterraines est majoritairement qualifiée de moyenne ou médiocre. http://www.bretagne-environnement.org/Media/Atlas/Cartes/Alteration-des-nappes-d-eau-souterraines-par-les-nitrates-en-Bretagne/%28categorie%29/29234 
Les nombreuses études concernant les pollutions diverses des eaux douces et marines en Bretagne soulignent toutes la responsabilité des épandages d'origine agricole qui représente partout en Bretagne plus de 90 % des nitrates excédentaires. 
La situation est telle que la France vient d'être condamnée pour la cinquième fois le jeudi 4 septembre 2014 par la justice européenne pour manquement à ses obligations de lutte contre la pollution aux nitrates. 
 La Bretagne est plus que jamais classée en zone vulnérable pour l'eau et en Zone d'Action Renforcée (ZAR) pour les nitrates. 
Non, les bretons n'ont pas reconquis leur eau, et si l'on peut parler d'une « méthode bretonne », c'est toujours celle qui progressivement fait disparaître les prairies, les surfaces toujours en herbe, les haies et les zones humides en vidant nos campagnes de leurs forces vives (disparition continue des fermes et baisse continue de l'emploi agricole). 
Monsieur Burlot, vice président de la région Bretagne est bien obligé de trouver une justification aux plans publics qui se succèdent (http://www.bretagne.developpement-durable.gouv.fr/cinquieme-programme-d-actions-regional-directive-r837.html) car cela représente beaucoup d'argent public. Il voit quelques signes d'amélioration dans certaines mesures récentes mais il s'empresse de préciser : «le chemin restant à parcourir est considérable». Voilà une conclusion qui nous convient !  
Les associations de la Coordination Verte et Bleue

jeudi 15 janvier 2015

Prix Citron pour le Préfet des Côtes d'Armor qui passe outre les décisions de justice !!

Le Prix Citron de la dégradation du littoral, via son bassin-versant est décerné pour 2015 par l'UADL « au préfet des Côtes-d’Armor, qui ne tient pas compte de l’annulation de son arrêté d’exploitation par la Cour d’Appel de Nantes qui avait confirmé un jugement du Tribunal Administratif de Rennes pour la ferme des 1.000 truies à Trébrivan, et publie immédiatement un autre arrêté d’autorisation d’exploitation ».
L'Union des associations de défense du littoral (UADL) regroupe une cinquantaine d'associations en Bretagne et Pays de la Loire,

dimanche 7 décembre 2014

La ferme aux 1000 truies grand projet inutile imposé !!

Parmi les grands projets inutiles imposés : la mégaporcherie de Trébrivan, autorisée par le Préfet, malgré deux annulations prononcées par la justice administrative !!
http://www.ouest-france.fr/environnement-ces-grands-projets-qui-se-heurtent-la-fronde-3032094

samedi 8 novembre 2014

Demande d'une contre-expertise pour l'affaire Morfoisse et déni de justice à Trébrivan

 Reportage sur Armor TV sur les péripéties juridiques des associations



Affaire Morfoisse: Les trois experts mandatés par le juge d’instruction rejettent finalement toute relation entre la respiration d’hydrogène sulfuré et le décès. Une conclusion qui provoque la colère chez sa famille et dans le comité de soutien qui se bat depuis maintenant 4 ans. On écoute André Ollivro, président de l’association Sauvegarde du Penthièvre.
Maternité porçine de Trébrivan : Surnommée par ses opposants la ferme aux 1000 truies, la maternité porcine de Trébrivan peut continuer à fonctionner. Un énième rebondissement et un retour à la case départ pour l'association Sous le Vent les pieds sur terre. 

Usine des 1000 truies à Trébrivan : retour à la case départ

La justice passe,
le Préfet outrepasse,
l'environnement...trépasse

Résumé de l'affaire de la maternité porcine industrielle de Trébrivan


Juillet 2008 : dépôt d'un 1er dossier d'où une 1ère enquête publique. des irrégularités dans le déroulement de l'enquête sont constatées, le dossier comporte de grandes faiblesses et des erreurs grossières.  

Décembre 2008, dépôt d'un 2ème dossier, d'où début 2009 une 2ème enquête publique. Le commissaire-enquêteur donne un avis favorable avec quelques réserves.
Avril 2009 : le préfet signe un arrêté autorisant l'exploitation de cette usine. Les travaux de construction commencent  immédiatement.

Début de l'action en justice : L'association Sous le vent les pieds sur terre dépose, avec quelques riverains, un recours suspensif. Le Tribunal Administratif de Rennes s'estime incompétent pour statuer :  dossier trop complexe /impossible de donner un avis dans le temps imparti !D'où dépôt par l'association d'un recours en plein contentieux auprès du même tribunal.

2012 : le Tribunal Administratif de Rennes annule l'arrêté du préfet. MAIS... le préfet octroie à l'usine porchère une autorisation provisoire d'exploitation. Les porchers font appel de ce jugement.

Septembre-octobre 2013 : constitution d'un 3ème dossier,  ce qui va engendrer une 3ème enquête publique. Avis favorable du commissaire-enquêteur, assorti de quelques réserves.
2014 : La Cour d'Appel Administrative de Nantes confirme le jugement du Tribunal Administratif de Rennes, MAIS...  un  nouveau préfet signe un arrêté autorisant  l'exploitation de l'usine de Trébrivan (sur la base du 3ème dossier)

Le 3ème dossier est pire que le précédent ! Retour à la case départ !

article dans le Point : pour le préfet, tout est bon dans le cochon
http://www.lepoint.fr/environnement/cotes-d-armor-pour-le-prefet-tout-est-bon-dans-le-cochon-25-10-2014-1875636_1927.php
article dans la Gazette des communes : l'autorisation d'exploiter un élevage en Bretagne, les raisons d'une polémique http://www.lagazettedescommunes.com/289914/autorisation-dexploiter-un-elevage-en-bretagne-les-raisons-dune-polemique/
dépêche de l'Agence France Presse : http://www.afp.com/fr/node/2982211